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27 juillet 2008

Le fichier Edvige doit être abandonné !

La CFDT condamne la mise en place du fichier dénommé « Edvige », créé par le décret du 27 juin 2008. Ce nouveau fichier permet de centraliser des informations relatives aux responsables et militants politiques, syndicaux ou économiques, mais aussi de ficher tout individu dès 13 ans, tout groupe ou organisation « susceptible de porter atteinte à l’ordre public ».

Pour la CFDT, la collecte d’informations relatives aux aspects physiques, au comportement ou à l’environnement personnel des militants pour des motifs aussi flous, tout comme le fichage des mineurs dès 13 ans sur la seule base de leur dangerosité supposée, est non seulement inquiétant mais proprement inadmissible.

La prolifération de fichiers de collecte de données personnelles est préoccupante pour les libertés publiques.

La CFDT s’associe au mouvement de protestation engagé par de nombreuses associations et organisations syndicales. Elle signe la pétition pour l’abandon du fichier Edvige et forme un recours auprès du Conseil d’Etat avec le Syndicat des Avocats de France (SAF), le Syndicat de la Magistrature (SM), la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), la CGT, la FSU et Solidaires.

Vous pouvez signer la pétition sur le lien suivant : www.nonaedvige.ras.eu.org Elle appelle l’ensemble de ses structures et de ses militants à relayer ce mouvement de contestation qui doit aboutir à la suppression du fichier Edvige.

C’est quoi Edvige exactement ?

Un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE [1].
Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.

En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».

Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que :
- état civil
- photographie
- mais aussi fréquentations
- comportement
- déplacements
- appartenance ethnique
- vie sexuelle
- opinions politiques
- philosophiques
- religieuses
- appartenances syndicales et associatives …

La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.

Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.

Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.

Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés [2] concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.

C’est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :

- exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de Surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l’état de droit,
- sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l’enfant,
- s’engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu’ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.

Notes

[1] Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale

[2] CNIL